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Cotonou, une fin d’année morose Cotonou, une fin d’année morose

A part quelques guirlandes posées sur certaines avenues par la municipalité, et la musique de Noël diffusée sur les radios et télévisions, rien à Cotonou ne fait penser aux festivités de fin d’année. Une situation inédite pour la ville la plus festive du Bénin. Généralement, la ville se met dans la mouvance des fêtes déjà depuis le mois de Novembre. Dantokpa, le grand marché de Cotonou faisait entendre plus que jamais le tintamarre de ses clochettes de réclame et le vacarme de ses millions d’usagers quotidiens. Les boutiques de la ville étaient bondées d’articles et de clients, les commerçants proposaient ce qu’on appelle ici "les liquidations", cette sorte de solde dont les règles sont fixées par les seuls commerçants qui se débarrassent ainsi de leurs invendus. C’est surtout l’occasion pour les malhonnêtes de livrer aux consommateurs leurs produits avariés à très bas coût.

La baisse du pouvoir d’achat

Hélas, cette année, l’eau semble s’être infiltrée dans le gaz. Certaines boutiques proposent toujours des "liquidations" aux consommateurs, mais ce sont les clients qui manquent à l’appel. Alors question : simple maturité ou manque de moyens ? La plupart des commentaires penchent plutôt pour la dernière. Le pouvoir d’achat des cotonois a en effet considérablement baissé ces temps derniers. Les prix des produits de première nécessité ont pris l’ascenseur. Certains produits ont même carrément doublé leur prix. Le pain, le sucre, l’huile sont chers ; les pâtes alimentaires, le riz et la viande qui sont des repas de fête pour la plupart des ménages cotonois sont hors de prix. Mais les revenus des cotonois n’ont pas augmenté pour autant. Pour le gouvernement béninois, la faute en incombe aux spéculateurs qui entretiendraient une inflation artificielle sur ces produits. Aussi a-t-il essayé de contenir la flambée en publiant en Novembre, une grille de prix, avec comme mesure d’accompagnement, des allègements fiscaux sur l’importation des produits concernés. Mais les commerçants rechignent toujours à les appliquer ; prix pratiqués sur le marché sont restés presque les mêmes.

Le rôle de la non autosuffisance alimentaire

En fait, les commerçants opposent que la fixation des prix et les allègements fiscaux sont ultérieurs aux stocks qu’ils auraient déjà constitués et qu’ils sont obligés de les vider avant d’appliquer les nouveaux prix. Et vive l’inflation ! Le Bénin importe encore la plus grande partie de sa bouffe pendant que, Paradoxe !, des tonnes de produits saisonniers pourrissent chaque année dans les plantations ou sur les places des marchés, faute de débouchers ou de moyens de conservation. Les cotonois "promettent" de fêter sobrement et sans faste, en espérant des jours plus heureux.

Mais vous quelle analyse faites-vous de la situation ?

Contrairement à leurs habitudes, c’est dans une relative indifférence que les cotonois ont vécu les festivités de la fin de cette année 2007. Comme on le dit ici, la sècheresse s’est installée dans les poches.


écrit par Bertrand
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