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La crise de téléphone portable La crise de téléphone portable

Difficile de téléphoner à Cotonou depuis quelques semaines. Les deux principaux réseaux de téléphonie mobile ont été coupés.

Le 06 Juillet dernier, l’autorité de régulation des télécommunications du Bénin a pris la décision de suspendre les réseaux Télécel-Moov et Areeba-MTN, le deux principaux opérateurs de téléphonie mobile au Bénin. Une semaine plus tard, leurs installations ont été effectivement mises hors tension.

C’est la débandade générale au niveau des consommateurs qui se sont abonnés en majorité chez ces deux opérateurs qui contrôlent ensemble environ 80% du marché béninois.

Depuis son avènement, le gouvernement de Boni Yayi s’est attaqué à la téléphonie mobile, un secteur en pleine expansion, avec un chiffre d’affaires mensuel de plusieurs milliards de francs Cfa, et où il estime qu’il règne une grande anarchie. C’est par les tarifs que les réformes ont commencé. Le gouvernement a réussi l’année dernière, au prix de nombreux ultimatums, à faire baisser les prix de la communication, quoique les consommateurs se plaignent encore. La mise hors tension des réseaux est en fait l’ultime arme que n’a pas hésité à utiliser le gouvernement pour pousser les opérateurs à accepter la revisite des conventions d’exploitation qu’il juge très laxisme.

De plus, les changements de capitaux se faisaient de gré à gré sans associer l’Etat qui reste le propriétaire des fréquences. Le dernier en date, c’est le rachat des actions d’Areeba (le n°1 en terme de nombre d’abonnés) par le sud-africain MTN. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase gouvernemental. L’Etat réclame alors à chacun des opérateurs trente 30 milliards de francs Cfa pour une durée de dix ans, et n’hésite pas à couper le téléphone pour environ un million et demi de béninois.

Même si la plupart des béninois comprennent et semblent soutenir la décision du gouvernement, ils sont pourtant nombreux à regretter qu’on ait pas tenu compte d’eux, de la garantie de leurs communications dans cette affaire alors que eux ne doivent rien à l’Etat.

La crise dure depuis plusieurs semaines et les hésitations de Moov et de Areeba suscitent les appétits de plusieurs autres opérateurs tels que le groupe Celtel ou le nigérian Global Com qui se sont dits prêts à verser même plus que ce l’Etat béninois demande. Mais elle profite d’abord et avant tout aux deux derniers réseaux encore opérationnels, que sont Libercom, filiale de Bénin Télécoms S.A. (entreprise d’Etat) et BB Com, qui n’étaient eux-mêmes guère préparés pour gérer un tel flux de communication, mais qui ont pourtant vendu des centaines de milliers de cartes Sim en quelques jours. Résultats ? Il faut être très patient pour pouvoir passer un appel.

Les négociations se poursuivent encore, et d’après plusieurs sources, un accord serait imminent entre les deux opérateurs sanctionnés et le gouvernement.




écrit par Bertrand
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