Les chasseurs de ferrailles
Depuis quelques années la collecte de ferrailles est devenue un véritable business au Bénin. Un peu partout les "chasseurs de métaux" s’activent. Ils sont à l’affût du moindre bout de métal qui traîne. Ou même qui ne traîne pas. Ils squattent les décharges publiques, arpentent les rues, rodent autour des garages et des forges, et fouillent les poubelles à la recherche du métal précieux. Les boîtes de conserve, les vieilles casseroles, les carcasses de véhicules ou de frigos, les bouts de rayon, les veilles feuilles de tôle, les batteries de voiture…, tout y passe. La collecte alimente l’insatiable appétit asiatique, mais surtout celui de la Chine, en métaux.
Une vraie filière commerciale
Le besoin est né de la combinaison de deux facteurs. D’un côté, l’épuisement des réserves mondiales de métaux brutes et de l’autre, l’explosion de la demande dans les nouveaux pays riches, la chine en tête, où le secteur du bâtiment est en plein boom. A défaut donc de trouver dans les sous-sols le métal dont ils ont besoins, ces pays ont décidé d’aller ramasser celui qui traîne et qui encombre les pays pauvres. De nombreuses entreprises sont rapidement nées pour satisfaire la demande. A la base, se retrouvent des milliers de pré collecteurs, pour la plupart occasionnels. Il vendent le kilogramme de ferrailles à environ 25 francs CFA (soit moins de 4 centimes d’euro) à des intermédiaires qui le revendent à près du double à des exportateurs étrangers ; des indiens pour la plupart. La marchandise est alors convoyée vers l’Asie via le port de Cotonou. Il n’existe pas de statistiques officielles sur cette filière. Mais certaines ONG estiment à près de dix mille (10 000), le nombre de personnes qui vivent directement ou indirectement de cette nouvelle activité au Bénin.
Une activité à risques
Si elle est unanimement reconnue comme une bonne solution aux problèmes environnementaux et d’emploi des pays pauvres, la récupération des métaux pose tout de même quelques problèmes. La plus grande partie de cette activité échappe encore au contrôle de l’Etat, ce qui favorise certains abus. Les plus visibles sont ceux liés à la sécurité au travail. Les ouvriers qui travaillent dans le secteur ne sont, pour la grande majorité, référencés nulle part et sont ainsi exposés à toutes sortes de traitement. Que ce soit sur les décharges ou dans les entrepôts de chargement, ils manipulent les ferrailles à mais nues, avec des tenues inappropriées, sans casque et sans chaussures de protection. Les cas de blessures sont à une telle fréquence que certaines voix commencent à s’élever pour demander à l’Etat de voir de plus près ce qui s’y passe.
Quand vous circulez à Cotonou aujourd’hui, il est très probable que vous tombiez sur le spectacle peu ordinaire de charrettes ou même de camions remplis de ferrailles. De quoi s’agit-il ? D’où viennent toutes ces ferrailles et ou vont-elles ?
Cotonou ça bouge



