Robert DOSSOU, l’homme de Boni YAYI ?
C’est l’avocat Robert DOSSOU qui présidera pendant les cinq prochaines années la Cour Constitutionnelle du Bénin. Proposé par le président de la République en qualité de praticien du droit, le quasi-septuagénaire, seigneur du barreau à été élu le 10 Juin dernier par ses paires à la tête de la quatrième mandature de l’institution. Un choix qui marque la rupture avec quinze années de féminité à la tête de la Cour Constitutionnelle du Bénin. Avant lui en effet, jamais aucun homme n’avait occupé ce poste depuis l’avènement de la démocratie au Bénin. Les trois premières mandatures ont été dirigées respectivement par Elisabeth POGNON (1993-1998) et Conceptia OUINSOU (1998-2008).
Né en le 13 Mai 1939 Robert DOSSOU ne semble avoir vécu que pour le Droit. Après son baccalauréat de philosophie en 1957, il poursuivit ses études supérieures en France où il obtint tous ses six diplômes de Droit, dont un certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Paris 1965). Robert DOSSOU est un avocat très respecté par ses concitoyens. Il a plaidé dans nombre de dossiers difficiles dont le procès du mercenaire Bob DENARD. Son dernier grand procès, celui du différend frontalier entre le Bénin et le Niger, ne lui fut pourtant pas très glorieux ; le Bénin perdit la souveraineté sur la riche île de Lété. Un petit camouflé pour celui qui aura assuré ses conpatriotes d’une victoire certaine. Mais Robert DOSSOU est également un politicien très réputé. Son discours et ses prises de position sans langue de bois, lui valent autant l’admiration de l’opinion que les désamours d’une classe politique qu’il pense en majorité irresponsable.
Me Robert DOSSOU connaît bien la Constitution pour avoir été l’un des chantres de la Conférence Nationale, et pour avoir participé à son élaboration. Mais en tant que Président de ce qui est considéré ici comme le dernier rempart contre les velléités dictatoriales des différents régimes qui se sont succédés jusque là, il devra rassurer ceux qui l’accusent - pas toujours à tort - d’être l’homme du Président Boni YAYI dont il a porté sans succès les couleurs (FCBE) lors des élections législatives de 2007. Dans un article intitulé "la magicienne s’en va, le caméléon s’installe", un contributeur du blog de Illassa se demande si Robert DOSSOU pourra oublier ses accointances avec le pouvoir, avant de trancher : « Un obligé reste un obligé ». De son côte, le chroniqueur Gérôme CARLOS préfère l’inviter plutôt à défendre par sa conduite « l’honneur d’une génération de Béninois (...), celle de vos compatriotes qui se reconnaissent en vous par la complicité de l’âge et par la proximité des valeurs partagées ». Des doutes auxquels il répond simplement : « C’est une insulte à ma personne. Je ne suis l’ombre de personne ».
Ces attaques contre un nouveau président de la Cour Constitutionnelle ne sont pas une première au Bénin. Avant lui, Conceptia OUINSOU avait subi les mêmes critiques ; juste avant sa nomination, elle était ministre de l’Education au gouvernement de Mathieu KEREKOU. Robert DOSSOU avait lui-même ironisé sur "les miracles de la Cour" après la proclamation plutôt chaoteuse des résultats du premier tour des élections présidentielles de 2001 qui avaient donné Mathieu Kérékou gagnant.
Cotonou ça bouge



